La file d’attente




2012—2019, 1400 cm / 10000 cm, encre noire sur papier listing
Work-in-progress commencé en janvier 2012.

Depuis 2012, je poursuis en public le dessin d’une très longue file d’attente. Y figuraient d’abord des chypriotes attendant devant leurs guichets de banque, puis les plus démuni·e·s aux soupes populaires grecques, d’interminables files devant les ambassades. Il y eut l’immense marche émue de janvier, puis les attentes indifférentes dans les couloirs des métros ou devant un restaurant chic. Parfois le rythme s’accélère, à d’autres moments les dessins s’éloignent les uns des autres.


La file d’attente n’est pas tant un dessin qu’une performance. De Besançon, Paris, Gdansk à Metz et Berlin, elle fut prétexte à des centaines de conversations. En se demandant ce que pouvaient bien faire, penser ces hommes et ces femmes sans décor, nous imaginons tous les possibles. Qu’attendentils·elles? Qu’attendons-nous. Sont-ils heureux·ses? Le sommes-nous. Pourquoi ne se parlent-ils·elles pas? Nous sommes en train de le faire.